Mise en place d'une mission d'information sur les lois mémorielles

Publié le par Patrick Beaudouin

« L’histoire est à la fois ciment de l’unité d’un peuple et germe de discorde nourrissant divergences et dissentiments. C’est pourquoi les pouvoirs publics ne peuvent se désintéresser totalement de l’écriture de l’histoire et de sa transmission, et considèrent, non sans raison, qu’ils ont sur le sujet quelque responsabilité », écrivait l'historien René Rémond, dont c'est aujourd'hui le premier anniversaire de la disparition.


La multiplication des lois dites « mémorielles » ces dernières années – reconnaissant le génocide arménien, reconnaissant la traite et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, établissant que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence Outre-mer, notamment en Afrique du Nord » - a toutefois suscité des interrogations.


Alors que la « possession en commun d'un riche legs de souvenirs » est l'un des fondements de la Nation selon Ernest Renan, les lois mémorielles font en effet naître le « risque de substituer à la mémoire collective l’exaspération de mémoires particulières de groupes se constituant en communautés », pour citer encore René Rémond.


Face à l'émergence d'une « concurrence victimaire », les parlementaires se retrouvent en première ligne, objets des pressions des différentes communautés. C'est dans ce contexte que Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, a souhaité mettre en place une mission d'information sur questions mémorielles, à laquelle j'appartiens.


Présidée par Bernard Accoyer, composée d'une trentaine de membres, de la majorité comme de l'opposition, elle aura pour mission de « réfléchir aux moyens de promouvoir le devoir de mémoire, de faire un bilan de l'application des lois mémorielles et de proposer éventuellement des adaptations dans un cadre législatif ».

Publié dans Assemblée Nationale

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