POUR UN JUSTE FINANCEMENT DU RSA

Publié le par Patrick Beaudouin

Le RSA est une bonne mesure, comme le prouve son expérimentation réussie dans 34 départements. Il va inciter un certain nombre de Rmistes à reprendre un travail, il va fluidifier le marché du travail faiblement qualifié, sortir de nombreuses familles de la pauvreté et relancer leur consommation. Malheureusement, la solution retenue pour financer cette bonne mesure est un nouveau prélèvement sur l’épargne des classes moyennes. Ce n’est pas la solution que je préconise.

Aussi, ai-je écrit à Christine Lagarde, Ministre de l’économie et à Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale pour modifier le financement du RSA.

En effet, le RSA s’inscrit dans la continuité des mesures destinées à redonner toute sa place et toute son importance à la valeur travail en France : libéralisation des heures supplémentaires, fusion ANPE-Assedics, définition de l’offre valable d’emploi (OVE) et obligation pour les demandeurs d’emploi d’accepter au moins la seconde qui lui est faite. Cet ensemble de réformes remet la France dans le bon sens, celui du travail comme créateur de richesse et dispensateur principal de revenus. De même, le RSA en assurant un gain réel au Rmistes qui reprennent un emploi favorise les revenus du travail. Il rompt avec une logique de pure assistance qui n’est plus qu’un complément de revenu pour les travailleurs les plus modestes et non plus la seule source de revenu.

Un chantier important pour améliorer l’emploi et augmenter les chances de chacun de trouver un travail est celui de la formation professionnelle. Celle-ci doit être plus attentive aux personnes qui connaissent de vraies difficultés sur le marché de l’emploi et se tourner aussi vers le vivier des emplois non pourvus faute de personnes qualifiées pour ces emplois. La réforme de la formation professionnelle est nécessaire pour accompagner les autres réformes du marché du travail, afin de créer un véritable effet de levier. En toute logique, c’est dans les très importantes sommes dépensées chaque année pour la formation professionnelle que devrait être financé le RSA et non pas sur l’épargne des classes moyennes qui payent déjà l’impôt sur le revenu. Toute nouvelle taxe sur l’épargne est en fait un « second tour » de taxation sur les revenus. Ce qu’il faut tenter d’éviter au moment où le pouvoir d’achat constitue l’un des principaux souci des français.

 

 

Le Président Sarkozy assume la stratégie qui consiste à lancer toutes les réformes en même temps parce que tout est lié ; le financement du RSA me semble le bon sujet et le bon moment pour lancer la réforme de la formation professionnelle et mettre celle-ci à contribution du retour à l’emploi.

 


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