Mobilisation pour l'emploi

Publié le par Patrick Beaudouin

En déplacement hier à Rethel, dans les Ardennes, le Président de la République a dévoilé le troisième volet de son plan pour lutter contre la crise.


La première étape consistait à éviter l'effondrement du système financier. La seconde permettra de soutenir l'investissement, et donc l'activité économique, grâce notamment à une exonération totale de taxe professionnelle sur les investissements faits avant le 1er janvier 2010 et à la création d’un fonds stratégique d’investissement qui apportera des fonds propres aux projets d’investissement performants.


Concernant l'emploi, le Président de la République a présenté une série de mesures concrètes et pragmatiques en faveur des salariés.


La plupart s'inscrivent dans le prolongement des réformes déjà engagées. D'autres, provisoires, ont vocation à servir d'« amortisseurs » à la crise, pour reprendre la formule du Premier ministre à propos des emplois aidés. Nous n'oublions évidemment pas que ce sont l'économie de marché et les entreprises qui créent la richesse et les emplois.


Une véritable sécurité sociale professionnelle


Il s'agit de mieux sécuriser les parcours professionnels et de proposer des solutions immédiates et concrètes aux situations difficiles qui vont se présenter.


Cela passe d'abord par une bonne gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, afin d'anticiper les besoins en emplois et en compétences, de développer ces dernières, de se préparer aux changements technologiques et économiques et de gérer les carrières dans une logique de long terme. La formation continue sera donc réorientée vers les personnes en difficulté : demandeurs d'emploi et salariés les moins qualifiés.


La sécurité sociale professionnelle, c'est aussi une indemnisation du chômage plus juste et plus incitative au retour à l'emploi. Il faut ainsi, par exemple, améliorer l'indemnisation des salariés qui enchaînent les CDD.


La modernisation du service public de l'emploi sera accélérée. Le « Pôle Emploi », issu de la fusion entre l'ANPE et les Assedics, permettra d'offrir aux demandeurs d'emploi un service plus personnalisé, donc plus efficace. Tout chômeur se verra bientôt rapidement proposer un travail qui lui correspond ou une formation qui lui permettra d'en retrouver un.


100 000 contrats aidés supplémentaires


Parce que certains chômeurs les plus en difficulté ne sont pas en mesure de retrouver un emploi en entreprise immédiatement, les emplois aidés permettront d'éviter tout éloignement durable du marché de l'emploi, qui fait progressivement perdre des compétences et entrer dans la précarité.


« Il y a des choses qu'il faut faire que vous ne feriez pas en temps normal », a commenté le ministre du budget Éric Woerth. Il faut aussi souligner que les bénéficiaires seront accompagnés et formés, de façon à ce que ces emplois soient réellement un sas entre le chômage et l’emploi en entreprise.


Extension du contrat de transition professionnelle


L'État se montrera plus réactif face aux plans sociaux, en s'efforçant de les prévenir lorsque c'est possible, en accompagnant mieux les salariés qui en sont les victimes sinon.


Si les grandes entreprises peuvent reclasser leurs salariés en interne ou financer les moyens d’accompagner leur retour à l’emploi, tel n'est pas le cas des petites et moyennes entreprises.


Le contrat de transition professionnelle, expérimenté depuis 2006, offre au salarié d’une PME, qui perd son emploi, une allocation chômage de 100% du salaire net pendant 12 mois. Il lui apporte, avant même la fin de son préavis, un accompagnement intensif vers l’emploi, qui alterne formation, travail en entreprise et préparation à la recherche d'emploi.


Les premiers résultats de ce dispositif sont encourageants. C'est pourquoi il sera étendu aux bassins d’emploi les plus touchés par des difficultés économiques.


Casser certaines « règles obsolètes »


La question du travail le dimanche, pour les volontaires, fera l'objet d'un examen au Parlement.


Dans un contexte d'incertitudes, le Président de la République a aussi proposé un assouplissement des conditions de recours au CDD pour les PME, soulignant qu'« en phase de ralentissement, un CDD en plus c’est un chômeur en moins. »

Publié dans Actualité

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