Banquet Républicain à Fontenay : être juif dans la cité

Publié le par Patrick Beaudouin

Mercredi soir avait lieu à Fontenay-sous-Bois,  un banquet républicain à l'occasion du gala annuel des associations juives de Fontenay, regroupant les 3 synagogues de la ville, ACIF, Beth Chalom,et le Centre Hillel.


En tant que vice-président de cette soirée, j'étais représenté par Agnès Arcier député suppléant, qui a lu mon intervention  sur le thème "être juif dans la cité", dont voici le texte :

 

 

Le sens que vous donnez à cette réunion me paraît devoir une réponse claire de la part d’un élu du peuple dans une République citoyenne qui se fonde sur les principes de l’égalité, de la liberté et de la fraternité.

 

C’est peut-être aborder le problème sous un angle étroit, celui du droit. Mais, il faut toujours trouver un fil directeur.

 

Si je pose, ce qui n’est pas un postulat mais une règle, la situation du juif dans notre société sous l’angle de la citoyenneté, tout s’éclaire.

 

Le juif, le citoyen, est d’abord un homme libre, égal à tous les autres. Sa liberté est organisée suivant un second principe, qui est celui de la laïcité.

 

Le citoyen juif doit pouvoir pratiquer librement sa religion, construire des lieux de culte, prier en toute sécurité.

 

Le citoyen juif doit être protégé dans sa mémoire, ce qui exclut toute référence à l’antisémitisme et la répression des actes antisémites.

 

Le citoyen juif ne saurait être exclu de certaines parties de la société, exercer librement toutes les activités.

 

Les lois de Vichy ne pourraient plus être édictées aujourd’hui.

 

Il appartient à l’Etat, avec toute la force de la puissance publique, de garantir les droits du citoyen juif comme ceux des autres citoyens. Je pense que, sur ce point, il n’y a plus et il n’y aura plus jamais de contestation.

 

Mais, cette liberté et cette égalité ont un prix, celui de la fraternité. Celle que l’on doit recevoir, certes, des autres, mais aussi, celle que l’on apporte.

 

Je peux témoigner que de cette fraternité, les citoyens juifs ne sont pas avares et qu’ils participent à nos communautés locales avec dévouement et dynamisme.

 

J’irai même plus loin, c’est dans cette fraternité que vous apportez tout ce que le judaïsme vous apporte à vous-mêmes. Ici, vos racines, votre religion enrichissent ce principe de fraternité car s’il est fort entre vous, il ne vous a pas été manifesté toujours avec la même volonté de solidarité.

 

Il ne m’appartient pas d’entrer dans les controverses qui peuvent s’élever au sein de votre communauté. Ce dont je peux témoigner, c’est qu’elles n’influent pas sur votre participation à la vie des communautés locales, et, même, les enrichissent.

 

Car, vous avez raison, le peuple juif peut, peut-être plus que d’autres, enrichir la modernité par la tradition, la fraternité universelle par le respect du passé. C’est là que l’on trouve l’esprit républicain.


A la fin de la soirée, les élus se sont vus remettre le dernier ouvrage d'Elie Wiesel.

 

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