Un plan de relance centré sur l'investissement

Publié le par Patrick Beaudouin

L'Assemblée nationale débutera demain l'examen des différentes mesures qui constitueront notre de plan de relance face à la crise.


Priorité est donnée à l'investissement, car plus d'investissement, c’est plus d’activité, de valeur ajoutée et d’emplois : une entreprise qui échappe à la pression de la crise grâce à un surplus de trésorerie rendu possible par l’Etat, c’est une entreprise qui n’est pas contrainte de licencier ; une entreprise qui bénéficie de davantage de commandes publiques, c’est une entreprise qui embauche et distribue davantage d’heures supplémentaires.


L’investissement, c’est aussi un moyen de rattraper le retard de compétitivité que nous avons accumulé ces dernières années. La meilleure politique de relance possible, c’est celle qui soutient l’activité d’aujourd’hui et prépare la compétitivité de demain.


Le plan de relance mobilise 26 milliards d'euros.


L’Etat investira directement 4 milliards d'euros dans des domaines stratégiques : les infrastructures, le développement durable, le patrimoine, l’enseignement supérieur et la recherche ainsi que les industries de défense.


Les grandes entreprises publiques (EDF, GDF Suez, RATP, SNCF, La Poste) augmenteront leurs investissements de 4 milliards d'euros par rapport à 2008, afin de moderniser et développer nos infrastructures ferroviaire et énergétique, ainsi que les services postaux.


Pour soutenir les investissements des collectivités locales, un remboursement anticipé et définitif du fonds de compensation de la TVA (environ 2,5 milliards d'euros) sera accordé aux collectivités qui accepteront d’investir plus.


Pour encourager l'investissement privé, l’Etat accélérera le paiement des 11,4 milliards d'euros de créances des entreprises sur le Trésor public, notamment à travers un remboursement anticipé du Crédit Impôt Recherche ou des crédits de TVA dès le début de cette année.


Ce plan aura un effet immédiat : 75% des montants qui seront injectés dans l’économie auront un effet dès 2009 avec un impact estimé à près de 1 point de PIB.


La solidarité n’est pas oubliée puisque, anticipant le RSA, l’Etat versera une prime exceptionnelle de 200 euros à 3,8 millions de foyers, soit près de 800 millions d'euros. 500 millions d'euros supplémentaires seront mobilisés pour accompagner les salariés victimes de licenciement.


Ces dépenses ne signifient pas que l’Etat renonce à l’objectif d’équilibre des comptes publics, même si la crise en repousse l’échéance. L'impact des mesures adoptées sur le déficit sera temporaire et limité à 2009 : il ne s’agit pas de dépenser plus dans la durée mais de dépenser plus vite. Par ailleurs, en choisissant de concentrer le plan de relance sur l’investissement, c'est la croissance de demain que nous finançons.

Publié dans Assemblée Nationale

Commenter cet article