La marche immobile du parti socialiste

Publié le par Patrick Beaudouin

Le projet socialiste a été récemment présenté. Il illustre le passe-temps favori de la gauche française : "détruire sans construire" et sa volonté de détricoter méthodiquement, avec une toujours apparente générosité et un savoir faire hors pair, tout ce qui a été créé pour relancer l'emploi. Ce projet cumule un abandon des réformes engagées, une absence d’idées novatrices et une fuite en avant budgétaire, à des années lumière de la rigueur que nous avons engagée.

Le projet PS pose comme préalable l’abrogation des réformes indispensables menées depuis 2002 :

Sur les retraites, le PS veut notamment réaffirmer le droit à la retraite à 60 ans quand tous les pays européens repoussent l'échéance à 65 voire à 68 ans ! Par ailleurs, supprimer la loi de 2003, c’est remettre en cause l’équité entre secteurs public et privé en remettant en question l’égalité de la durée de cotisation, redonner aux fonctionnaires un avantage de deux ans et demi de cotisation par rapport aux salariés du privé, revenir sur les départs anticipés pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes ou sur la garantie de 85 % du SMIC pour les petites pensions. Et ce la que veulent les Français ?

Sur l’immigration, le PS entend revenir sur les dispositions des lois Sarkozy et prône l’abandon de la politique migratoire mise en place par le gouvernement, pourtant indispensable tant au niveau économique que social.

Sur l’emploi, le projet PS pose l’abrogation du CNE, qui a pourtant permis la signature de plus de 450 000 contrats, ainsi que l’abrogation de la relance de l’apprentissage, outil pourtant formidable pour rapprocher les jeunes du monde du travail ! A l’inverse, de mesures concrètes comme le CNE ou le développement de l’apprentissage, le projet socialiste en matière d’emploi reste flou et incantatoire, évoquant un vague « nouveau modèle de croissance » ainsi qu’une hypothétique  « Conférence Nationale ».

Le projet PS propose le retour aux « vielles recettes » qui ont fait la preuve de leur inefficacité et de leur inadaptation aux réalités de notre société, que ce soit le retour aux 35 heures (alors que Mme Royal l’a condamnée avec force), la réactivation des emplois-jeunes – emplois jetables qui ne disent pas leur nom, la renationalisation d’EDF, des embauches massives dans la fonction publique, comme aux plus belles heures ( !) des années 90… Le socialiste Bernard Kouchner parle même d’ « aberrations » et de « contresens » à propos de ces vieilles recettes dans le Nouvel Obs du 28 juin 2006.

Enfin, le projet socialiste c’est d’abord un coût exorbitant. Alors que le Gouvernement a fait le choix de la responsabilité, c’est-à-dire du désendettement, de la réduction du déficit et de la maîtrise des dépenses publiques, la stratégie du parti socialiste renoue avec la « facilité », à travers toujours plus de dépenses, et donc toujours plus de déficit et de dette.

La philosophie du projet du parti socialiste se résume en une phrase : réamorcer la « pompe à morphine » des dépenses publiques pour mieux faire oublier les problèmes de notre pays.

Le Ministre du Budget a ainsi évalué à 115 milliards d'euros le coût du projet PS, dont :

·        15 milliards pour le contrat d’entrée dans la vie active pour les jeunes (EVA) ;

·        12 milliards pour l’abrogation de la réforme des retraites ;

·        11 milliards pour la renationalisation d’EDF ;

·        10 milliards pour la « carte vitale professionnelle » ;

·        5 milliards pour la réactivation des emplois-jeunes ;

·        4 milliards pour le bouclier logement ;

·        16 milliards pour le niveau minimal de pension garantie ;

·        7,5 milliards pour l’extension des 35 heures à tous les salariés ;

Comment le PS compte t-il financer ces dépenses supplémentaires : en augmentant les impôts ou en augmentant la dette ?

Enfin, le cavalier seul de Mme Royal complète ce tableau plein d’incohérences. Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs récemment adressé une lettre à la députée des Deux-Sèvres pour lui rappeler que sa proposition d’expulser tous les délinquants étrangers dangereux existait déjà ! Mais cette contradiction n’est pas que le fait de Mme Royal : ainsi, le PS a voté contre l’article 33 du projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration, qui permettra d’interdire le retour en France d’étrangers ayant fait l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière pour atteinte à l’ordre public pendant la durée d’un court séjour en France.

Publié dans Billets d'humeur

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