Iran : la résistance dénonce les manœuvres de la dictature théocratique

Publié le par Patrick Beaudouin

J’ai reçu ce matin Monsieur Béhazad NAZIRI membre du Conseil National de la résistance iranienne, pour un échange au sujet de l’évolution de la situation en Iran.

Les médias, en reprenant les informations divulguées sur des fraudes électorales lors de l’élection présidentielle en Iran, oublient une donnée essentielle : l’ensemble des candidats, qu’ils soient étiquetés conservateurs ou réformistes, sont issus des rangs de la dictature théocratique.

Le pluralisme apparent n’est qu’un mélange de ruse médiatique et diplomatique et le fruit de rivalités liées à des approches tactiques différentes ou à des rivalités de personnes.

 

La classe politique iranienne qui accès au pouvoir n’est composée que de fidèles de la république islamique. Cette dictature se caractérise à l’intérieur par le pouvoir absolu des religieux sur la vie des Iraniens et à l’extérieur par un anti-occidentalisme affirmé qui culmine avec la volonté de maîtriser la technologie nucléaire, de la transférer du domaine civil au domaine militaire, et le refus du droit de l’Etat d’Israël à exister.

 

 

C’est pourquoi j’ai souhaité donner la parole dans mon blog à Madame Simin NOURI, Présidente de l’association des femmes Iraniennes en France et habitante de Saint-Mandé.

 

 

Interview de Madame Simin NOURI, Présidente de l’association des femmes iraniennes en France

 

Que pensez-vous des élections présidentielles qui viennent d’avoir lieu en Iran ?

 

Les élections n’ont pas de sens avec un Guide Suprême qui décide de tout. Plus de 400 personnes souhaitaient se présenter, 4 ont été autorisées à le faire. Il s’agit d’une mascarade pour tromper le monde et les Iraniens. Le fait d’avoir quatre candidats a permis de simuler un pluralisme qui n’existe pas. De plus le vrai pouvoir n’est pas détenu par le Président élu, mais par le Guide Suprême.

 

Le résultat de ces élections dépourvues d’enjeu et jouées d’avance donne lieu à une contestation et à une répression qui semble leur donner de l’importance.

 

En effet, de nombreuses personnes ont manifesté contre les résultats. Les témoignages que nous recueillons nous disent que les personnes n’avaient aucune adhésion à un quelconque candidat, mais souhaitaient par leur vote dire NON au Président Ahmadinejad. Sa réélection au premier tour ne peut qu’envenimer la situation. La répression est féroce. Comme tout régime qui n’est pas populaire, la seule issue est la répression.

 

A vous entendre, le régime en lui-même est mauvais et les simulacres de démocraties qu’il organise n’y peuvent rien changer.

 

Ce régime est fondé sur une interprétation étroite de l’Islam, la constitution, les lois, le code civil, tout est fondé sur cette vision de la charia. Les lois sont misogynes, la femme, c’est le diable, elle n’a aucune place autonome dans la société. Ce régime est tellement oppressif qu’il est impossible de lui résister de l’intérieur. En revanche, la résistance extérieure, qui existe depuis le début de la répression, il y presque 30 ans, peut faire quelque chose.

Le Conseil National de la Résistance de l’Iran, coalition de différentes tendances politiques dont l’axe principal est occupé par les moudjahidines du peuple. Seule  résistance organisée, dont l’image a été diabolisée par le régime de Téhéran. Cette résistance est dirigée par une femme musulmane, d’autres femmes détiennent des rôles clés dans cette résistance.  

Les rassemblements annuels du Conseil National de Résistance regroupe des représentants de toute la diaspora iranienne. Nous étions 70 00 (soixante dix mille) l’an dernier à Villepinte, et je pense que nous serons à nouveau très nombreux au même endroit le 20 juin cette année.

 

Aujourd’hui, l’Occident se montre très soucieux de l’ambition nucléaire iranienne.

 

La bombe atomique est le dernier espoir de ce régime très impopulaire à l’intérieur et discrédité à l’extérieur. Le régime voit la bombe comme son assurance survie. Nous sommes à un tournant de l’histoire, avec une réelle menace sur la région. La question n’est plus une question interne. La complaisance des dernières années, guidée par les intérêts économiques et les illusions d’un début de pluralisme ne peut plus perdurer. C’est pourquoi la résistance compte beaucoup sur l’Occident pour l’aider à mettre fin à cette dictature.

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Jean Pierre Chevrier 17/06/2009 16:04

D'accord avec cette dame mais pour l'aider c'est autre chose (j'ai déjà donné) : le résultat de cette élection ne change en rien les données car c'est le guide du peuple qui détient le pouvoir militaire et judiciaire comme je l'ai dit à mon ami David Dornbusch.Or le guide du peuple est nommé "à vie" par les religieux.Ce qui est regrettable dans cette affaire c'est qu' Obama soutienne les théocraties.
Quand on met la religion devant la Constitution c'est très grave.
Mais quel dommage aussi que le Président Sarkozy, le jour même de l'élection Européenne ait dit à Obama qu'il était pour le port du voile (source : journal du Dimanche) : cest encourager la théocratie.Honnêtement ils feraient mieux de s'occuper du réchauffement planétaire, surtout Obama, plutôt que de légiférer sur les vêtements qu'ils voudraient imposer à nos femmes : elles sont assez grandes pour choisir et n'ont pas besoin d'un curé pour celà.