Patrick Beaudouin interroge le Gouvernement sur le l'hébergement d'urgence

Publié le par Patrick Beaudouin

Assemblée nationale
 
Compte rendu analytique officiel
 
2ème séance du mardi 7 novembre 2006
 
QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
 
plan hiver
 
M. Patrick Beaudouin – La distribution de tentes aux sans-abri par une association caritative a inscrit de façon spectaculaire la question de l'urgence à l'agenda médiatique. Cet épisode ne doit pas masquer, sous la rhétorique de la nouveauté, l'émergence d'une véritable politique publique, articulée autour du dispositif d'accueil, d'hébergement et d'insertion. Celui-ci a fait l'objet, en mars 2005, d’une réflexion globale, qui a donné naissance à un référentiel national, bible commune des travailleurs et des bénévoles de l'urgence sociale. Il s'avère particulièrement utile dans ce secteur où l'État doit coordonner les nombreuses associations qu'il subventionne, et qui mènent un travail remarquable au quotidien en faveur des plus vulnérables et des sans-abri. J'ai salué l'efficacité et la cohérence de cette politique dans mon rapport budgétaire sur la mission solidarité et intégration. Pour assurer le devoir de solidarité nationale, le Gouvernement a mis en œuvre une politique volontariste qui repose sur quatre piliers : plan de cohésion sociale, plan triennal 2007-2009, plan hiver et rapport de Fleurieu. Ces quatre piliers permettent de lier l'urgence et sa finalité, l'insertion. Aujourd'hui, l'urgence revêt – et c'est un paradoxe – un caractère permanent. Elle ne se suffit pas à elle-même et doit s'inscrire dans une démarche de réinsertion personnalisée.
 
Vous venez d'annoncer le lancement du plan hiver 2006-2007, avec un nombre de places d'hébergement pour les sans-abri revu à la hausse et une pérennisation au-delà de la période hivernale. Pouvez-vous nous exposer les nouveautés de ce plan, la politique de réinsertion mise en œuvre, et affirmer la volonté partagée des différents acteurs de la rendre plus pertinente et plus cohérente ?
 
Mme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité - Je vous remercie, Monsieur le député, du travail que vous avez effectué dans le cadre du rapport budgétaire de la mission solidarité et intégration. Nous avons lancé le plan Hiver 2006-2007 avec l’idée que l’accueil d’urgence constituait la première étape de la réinsertion sociale, et qu’il fallait mettre à profit ce premier contact avec nos concitoyens les plus en difficulté pour entamer leur insertion ou leur réinsertion. Nous tiendrons l’objectif fixé de cent mille places d’urgence – ce qui représente une dépense de plus d’un milliard d’euros. Six mille places seront disponibles dès le 1er novembre, et huit mille places supplémentaires pourront être mobilisées en cas de grand froid.
 
Au-delà de l’accueil d’urgence, nous expérimentons depuis quelques semaines l’hébergement de stabilisation qui consiste à accompagner 24 heures sur 24 et sur une période plus longue, des personnes en situation de profonde exclusion. La principale difficulté de l’accueil d’urgence réside dans l’extrême hétérogénéité des publics accueillis. La réponse ne peut consister qu’en une palette diversifiée de solutions aidant chacun à redémarrer. C’est en ce sens que s’est engagé le Gouvernement.
 

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