Sport et racisme

Publié le par Patrick Beaudouin

Mardi soir, la LICRA, présidée par M. Bernard Gobitz, organisait une rencontre sur le thème du sport et du racisme. Ne pouvant m'y rendre en raison, justement, de préparation de la discussion budgétaire sur le sport à l'Assemblée Nationale, en tant qu'orateur du groupe UMP, je souhaitais vous faire part de la lettre que je lui ai adressée :

Monsieur le Président,

Retenu par des discussions budgétaires à l’Assemblée nationale, j’ai le regret de vous annoncer que je ne pourrai assister à la conférence-débat que vous organisez, ce jour, à Fontenay-sous-Bois, sur le thème « Sport et racisme ». Je le regrette vivement et vous prie de bien vouloir m’en excuser auprès des participants.
 
Je tiens à vous apporter tout mon soutien dans le combat difficile et digne que vous menez. En effet, les faits de violence dans le sport, basés sur des motifs racistes et antisémites, ne sauraient être acceptés. Il est primordial de lutter quotidiennement contre ce phénomène et de faire respecter les valeurs du sport.
Soucieux d’enrichir ce débat, je souhaite vous faire part de quelques réflexions et informations sur l’action du Gouvernement sur ce sujet, au combien sensible.
 
Des dispositions juridiques visant à pénaliser ce type de comportements existent :
 
* La loi n°84-160 du 16 juillet 1984 modifiée, relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, prévoit la condamnation des auteurs de faits racistes ou xénophobes dans le cadre de manifestations sportives.
 
* Le Conseil de l’Europe a, par ailleurs, le 18 juillet 2001, invité l’UEFA, la FIFA et les associations nationales de football à participer à la mise en œuvre de la recommandation sur la prévention du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance raciale.
 
* La proposition de loi dite « Loi Goasguen », relative à la prévention des violences lors des manifestations sportives, adoptée par l'Assemblée nationale en juillet 2006, a, par ailleurs, introduit de nouvelles dispositions: - sur la prévention des violences dans les compétitions amateurs ; sur les mécanismes d'interdiction de stades, permettant la communication d'informations aux fédérations sportives ; sur la composition de la nouvelle commission chargée de l'examen des dissolutions de groupements de supporteurs (trois personnes nommées par le ministre en charge des sports) ; sur la vidéo surveillance.
 
Ces dispositions doivent être complétées par des actions de sensibilisation et d’information, menées en partenariat avec les associations compétentes telles que la Licra. L’initiative de la campagne « Le racisme, se taire, c’est l’accepter », lancée en avril dernier, par le Ministère des Sports, la Fédération française de football et la Licra, en est un exemple significatif et représente un pas important dans ce combat.
 
Par ailleurs, Jean-François Lamour, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, soutient fortement les initiatives menées par la Licra sur le territoire national, à l’image du contrat local de sécurité du Parc des Princes, signé le 30 juin 2004.
 
Pour mener à bien cette politique prioritaire qui s‘inscrit dans un objectif de prévention de la violence et de la lutte contre les incivilités, le Ministre des Sports s’appuie sur un réseau de référents « fonctions sociales et éducatives du sport », désignés au sein de chacune des directions régionales et départementales de la jeunesse et des sports. Cette organisation doit permettre de mieux recenser les incidents mais aussi de soutenir et valoriser les initiatives locales prises dans le domaine de la prévention.
 
Il nous faut, enfin, à travers l’éducation sportive scolaire, les centres de loisirs, le réseau associatif sportif, engager une campagne d’éducation et de rencontre sur cette thématique afin que les jeunes puissent s’ouvrir sans complexe aux différences, et donc, devenir des acteurs définitifs de la lutte contre le racisme, en particulier dans le sport.
 
L’ensemble de ces actions porte peu à peu ses fruits. Je ne doute pas, qu’ensemble, par notre action collective et volontariste, nous pourrons réussir à endiguer définitivement ce fléau, indigne de notre République.
 
Vous remerciant vivement pour votre action, pour laquelle, vous me savez, comme pour d’autres, à vos côtés, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs et très cordiaux.
Patrick BEAUDOUIN

 

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Jean Pierre Chevrier 13/11/2006 13:55

Prenons un exemple : vous me dites que La loi n°84-160 du 16 juillet 1984 modifiée, relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, prévoit la condamnation des auteurs de faits racistes ou xénophobes dans le cadre de manifestations sportives.
Fort bien mais cela voudrait il dire qu'il existe une loi pour les toilettes publiques ( 84-160bis alinea 5  pourquoi pas), une autre pour les bars tabacs , une autre pour ...etc etc ....
Cela voudrait dire aussi qu 'hors du cadre des manifestations sportives et faute d'aure lieu ou cadre défini tout serait permis.( déclaration des droits de l'homme ).
Quelle inflation juridique ! Et qui prouve que l'excès en la matière sert surtout les intérêts de certains avocats et non pas de la lutte anti raciste.( pourquoi une attitude spécfique dans le sport plus qu'au jeu d'échec par exemple).
A force de trop vouloir légiférer on finit paqr être ridiciule : puisque le racisme est un fléau appliquez la même loi que ce soit dans le sport ou ailleurs ( et ce sera plus facile à lire ).
Soyons sérieux : les citoyens n'onnt pas le temps de lire le Journal Officiel tous les jours.
(Et pouvez vous me donnez une définition jurisprudencielle incontestable du "racisme" ca j'avoue être plus passionné du Dalloz que des papiers du journalistiques du syndicat du livre.)
(Et tiens si j'allais dire que mon patron était rzaciste parce qu'il ne m'a pas augmenté ? )

Jean Pierre Chevrier 13/11/2006 13:19

La surenchère en matière de lutte contre le racisme a malheureusement souvent des effets contre productifs.
Pour ma part les gens de la LICRA me paraissent plutôt comme des harceleurs que comme des gens sincèrement anti racistes.
Les magistrats comme instruments du délit d'opinion : voilà le premier pas vers la dictature.
Si l'on ne peut plus dire spontanément ce qu'on pense des formes plus élaborées et plus pernicieuses et donc plus dangereuses de racisme naissent : voilà le seul vrai bilan de la LICRA.
Encore faudrait il examiner toutes les formes de racismes ( âge, sexe, catégories sociales etc .....)
Mais en pays de "terrorisme intellectuel" est ce encore possible ?