La diplomatie vue par Ségolène Royal

Publié le par Patrick Beaudouin

Les polémiques sur les propos (fort peu) diplomatiques de Ségolène Royal se multiplient. Il ne s’agit pas là d’ironiser sur telle ou telle fantaisie de langage (la « bravitude »), mais bien d’exprimer une préoccupation profonde.


Alors que la diplomatie constitue l’un des domaines de compétences privilégié du Président de la République, les incessants dérapages de Madame Royal ne peuvent manquer de susciter l’inquiétude.


Tout a commencé par son refus du nucléaire civil iranien. Alors même que la communauté internationale, et particulièrement la France, s’efforce depuis plusieurs années d’obtenir que l’Iran respecte le traité de non-prolifération (qui garantit le droit à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, en contrepartie d’un renoncement au nucléaire militaire), la position de Madame Royal, qu’aucun État au monde ne partage, aboutirait à isoler la France, inciterait l’Iran à rompre toute négociation, et mettrait en péril l’existence du seul instrument permettant de lutter contre la prolifération nucléaire. Sans compter que l’on voit mal par quel moyen une telle interdiction pourrait être imposée : une intervention militaire peut-être ?


Son séjour au Proche-Orient a ensuite été notamment marqué par le malaise suscité par sa rencontre avec un député du Hezbollah, Madame Royal affirmant « il y a beaucoup de choses que je partage dans ce que vous avez dit », après que celui-ci eut comparé l’intervention israélienne au Liban à l’occupation de la France par les nazis !!!


Plus récemment, ses maigres préoccupations exprimées en faveur des « droits humains » en Chine ont aussitôt été contredites par son éloge de la justice chinoise (lire plus bas).


Dernier épisode en date, sa sortie sur la « souveraineté » du Québec, qui a suscité de vives réactions au Canada, y compris au Québec, de nombreux dirigeants dénonçant cette ingérence. Que dirait-on en effet si, par exemple, un candidat à la présidence du Conseil italien évoquait la souveraineté de la Corse ?


Venant après les déclarations de son désormais ex-porte-parole Arnaud Montebourg à propos de la Suisse, qualifiée de « voisin indélicat », il semblerait que l’un des axes de diplomatie vue par Madame Royal et son équipe soit de nous fâcher avec tous nos amis francophones.  

Publié dans Carnet de campagne

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