L'abolition de la peine de mort bientôt inscrite dans la Constitution

Publié le par Patrick Beaudouin

L’Assemblée Nationale a discuté mardi dernier de l’inscription dans la Constitution de l’abolition de la peine de mort. J’ai été frappé, à cette occasion, par les propos de Pascal Clément, garde des sceaux, qui a débuté son intervention par ces paroles, que je pourrais faire miennes : « La peine de mort n’est pas un acte de justice mais une pratique barbare. Celui qui vous parle mesure tout le poids de ces mots, car il n’a pas toujours été de cet avis ».

On me reproche en effet d’avoir cosigné, en son temps, une proposition de loi tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme. Il s’agissait, quelques semaines après les attentats de Madrid, et dans le contexte d’une vague de terrorisme fanatique qui n’a pas épargné la France, d’alerter le Gouvernement et l’ensemble des pouvoirs public sur l’indispensable fermeté face au terrorisme.

Cette proposition de loi qui n’avait pas vocation à être examinée, n’était rien d’autre qu’une manière, certes excessive, j’en conviens, d’appeler l’attention sur la nécessité d’adapter au plus vite la sanction pénale à l’encontre des actes terroristes, sans pour autant rétablir la peine de mort. Elle comportait du reste le texte suivant : « La France a renoncé au châtiment suprême avec la loi du 9 octobre 1981. Cette évolution générale constitue une avancée pour l'homme qu'il n'est pas, aujourd'hui, question de remettre en cause ». 


Mes adversaires « oublient » curieusement de rappeler ces différents éléments. La critique est libre, certes, mais à condition d’avoir l’honnêteté intellectuelle d’exposer franchement les opinions que l’on conteste, et de respecter la liberté d’expression. Dénoncer, prêter à autrui des arrière-pensées qu’il n’a pas, et ce à des fins électoralistes, sont des méthodes indignes du débat démocratique de qualité auquel je suis attaché.

En partie grâce à la pression exercée par cette proposition de loi, la France s’est depuis dotée d’un dispositif opérationnel et législatif adapté à la menace terroriste actuelle, notamment par l’adoption de la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme.

Aujourd’hui, je me réjouis, parce qu’elle est conforme à mes valeurs humanistes, de l’inscription solennelle dans notre Constitution de l’abolition de la peine de mort, qui a été souhaitée par le Président de la République. La révision de la Constitution doit prochainement être votée par le Parlement réuni en Congrès, et je prendrai bien entendu toute ma part à son adoption.

Publié dans Assemblée Nationale

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Jean Pierre Chevrier 09/02/2007 13:16

Donc si je comprend bien vous sauvez les criminels y compris terroristes pour avorter l'enfant dans le ventre de sa mère.
Votre équation de la vie tient en  une formule : 100 criminels sauvés pour 1000 enfants avortés : il ne faut pas s'étonner après si la violence règne en maitresse avec des politiques comme vous.
Attention je ne dis pas mon choix final ( suis je pour ou contre l'avortement? suis je pour ou contre la peine de mort ?) : je vais simplement au bout des choses dans le but de vous coincer dans vos contradictions.