Métrophérique: l'exemple madrilène

Publié le par Patrick Beaudouin

Une délégation du Val de Marne représentant l’association « Orbival, un metro pour la banlieue » s’est rendue, mardi, à Madrid, afin d’étudier le metro en rocade mis en place, en 2003, dans la banlieue de la capitale espagnole.

La délégation était composée d’élus – parmi lesquels Christian Favier, Président du Conseil général, Jacques JP. Martin, Maire de Nogent-sur-Marne, Alain Audoubert, Maire de Vitry-sur-Seine ou encore Jean-Pierre Girault, Président de la Commission Transport du Conseil régional – de responsables économiques comme Christian Pépineau, Président de la CCIP du Val de Marne, de collaborateurs et de journalistes, soit 32 personnes au total. Retenu toute la journée à l’Assemblée nationale, j’étais pour ma part représenté par ma collaboratrice Magali Martin.

Tous ont véritablement été impressionnés par la prouesse réalisée par les Espagnols. En effet, depuis 2003, la banlieue de Madrid dispose d’une ligne de métro en rocade, la ligne 12, baptisée « Metrosur » reliant les cinq plus grandes villes de la banlieue Sud-Ouest de Madrid : Alcorcón, Móstoles, Fuenterrabia, Getafe et Leganés. L’ensemble est relié à la ville de Madrid par une correspondance assurée par la ligne 10 à Alcorcón.


Les conditions dans lesquelles ce projet a été réalisé sont remarquables : Metrosur, qui couvre une distance de 40Km, a été réalisé en à peine trois ans et a coûté 1,6 milliards d’euros. En comparaison, le projet Orbival –la partie val de marnaise du projet « Metrophérique », la plus avancée – couvrira une distance de 20Km, pour un coût estimé à 2 milliards d’euros et pourrait être mis en service à l’horizon 2020...!

Les effets positifs de la mise en place de cette ligne sur la baisse de la pollution, la diminution de l’utilisation de la voiture et l’augmentation continue du nombre d’utilisateurs des transports en commun ont, par ailleurs, largement dépassé les prévisions les plus optimistes des autorités espagnoles.

Même si, naturellement, les différences d’organisation administrative et de contraintes géographiques entre les deux capitales peuvent, en partie, expliquer l’écart entre le coût des deux projets et les délais de réalisation, une telle prouesse laisse songeur…Décision a d’ailleurs été prise, à l’issue de ce voyage, de demander à la RATP de se pencher plus précisément sur le cas espagnol afin d’établir quels sont les aspects à la fois financiers et techniques dont l’Ile de France peut s’inspirer pour la réalisation de son metro en rocade.

Les enseignements de ce voyage d’étude me confortent en tout cas, plus que jamais, dans l’idée que la réalisation de ce grand projet nécessaire en Ile de France passe par la mise en place d’un interlocuteur unique et la souscription d’un grand emprunt international.

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