A la mémoire d'un grand républicain

Publié le par Patrick Beaudouin

Philippe SEGUIN, Premier Président de la Cour des Comptes, ancien Ministre, ancien Président de l’Assemblée Nationale, nous a quitté brutalement dans la nuit du 6 au 7 janvier 2010, à l’âge de 66 ans. Il était né le 21 avril 1943 et n’avait pas connu son père tombé pour la France en 1944.

 

Le mérite par le travail, l’engagement au service de ses convictions, la rigueur dans la gestion de l’Etat ont caractérisé la personnalité de celui qui restera dans nos mémoires comme l’exemple des grands commis de la République.

 

Le mérite obtenu par le travail est le compagnon de sa jeunesse difficile d’orphelin de guerre. Instituteur, il poursuit ses études supérieures à la Faculté d’Aix et est reçu à l’Ecole Nationale d’Administration, en 1969. Il en sort auditeur à la Cour des Comptes. A partir de là, il va se consacrer au seul service de l’Etat dans les fonctions administrative, judiciaire et politique qu’il ne cessera pas d’occuper jusqu’au poste de Premier Président de la prestigieuse Cour des Comptes, le tribunal de l’action administrative et financière de la République.

 

La fidélité à des convictions personnelles, née des circonstances de sa naissance, est la seconde caractéristique de son caractère. Il est gaulliste de conviction et le restera. Tout naturellement, il se tourne vers le mandat politique pour défendre ses idées et sa conception de la société nouvelle qui doit se mettre en place. Député des Vosges, Maire d’Epinal, Vice-Président du Conseil Général de Lorraine, il siège à l’Assemblée Nationale de 1977 à 2002. Il occupera toutes les fonctions éminentes qui s’offrent à l’homme politique. Président du groupe RPR à l’Assemblée Nationale, Président de l’Assemblée Nationale de 1993 à 1944, Président du RPR.

 

De 1986 à 1988, il sera ministre des affaires sociales et de l’emploi dans le gouvernement de cohabitation de Jacques CHIRAC.

 

En 2002, il quitte la politique active pour regagner la Cour des Comptes et accomplit les missions importantes qui lui sont dévolues par le gouvernement, tant en France quà l’étranger.

 

En 2004, il est nommé Président de la Cour des Comptes et, dans cette nouvelle fonction, devient, avec l’ensemble de la Cour, un contrôleur précis et aigu du fonctionnement des services publics, mais aussi, un conseiller écouté par les propositions de réformes que la Cour adresse au Gouvernement. Il méritait bien le nom de « Sage de la République » que beaucoup lui donnaient.

 

Cependant, avant tout, il était un homme d’une immense curiosité intellectuelle dans tous les domaines où il pouvait appliquer ses talents de recherche, d’analyse et de critique.

 

Son œuvre écrite en témoigne. Sa réhabilitation de Napoléon III a renouvelé les études sur cet empereur décrié ; sa biographie des présidents de l’Assemblée Nationale depuis la fondation de celle-ci est un remarquable traité de la politique parlementaire ; « De l’Europe en général et de la France en particulier » trace les voies de l’Union Européenne d’une manière prémonitoire ; « Demain, la France » est une analyse aiguë, en 1993, de l’avenir du pays.

 

Homme de rigueur et de travail, Philippe SEGUIN restait un tempérament du midi. Nul n’oubliera sa voix de stentor ; ses colères mais, aussi, son humour et sons sens de l’amitié.

 

Ce sens de l’amitié, les Saint-Mandéens en gardent le souvenir du dimanche 12 mai 1996 où il vint inaugurer l’avenue Robert-André VIVIEN. Compagnon des luttes politiques du Député-Maire de Saint-Mandé, il avait tenu à prendre la tête de l’hommage de la population à son Député-Maire.

 

« Il n’y a pas en démocratie de grands hommes, il n’y a que de grands serviteurs » disait un philosophe. Philippe SEGUIN a rejoint dans le panthéon de ceux-ci les grands prédécesseurs qu’il admirait : De Gaulle, Clémenceau, mais aussi, Pompidou et Raymond Barre qu’il avait servis…. ou de plus humbles, comme son père tombé en Alsace.

 

 

 

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