Aboutissement législatif du Grenelle de l'environnement
Le projet de loi de relatif à la mise en œuvre du « Grenelle de l’environnement » est l'aboutissement d'un processus démocratique profondément novateur.
Plusieurs milliers d’heures de discussions, réunissant responsables politiques et représentants d'ONG, entrepreneurs et syndicalistes, scientifiques et économistes, ont permis d'élaborer un diagnostic approfondi.
Une large consultation publique a ensuite a été lancée, au cours de laquelle auront été dénombrés 14 000 contributions sur Internet, 300 000 visiteurs sur le site du Grenelle, et 15 000 participants à dix-neuf réunions régionales.
Quatre table rondes, puis trente-trois chantiers opérationnels, ont finalement permis de mettre en forme les conclusions du Grenelle de l'environnement et d'en proposer les modalités d'application.
Cette méthode de concertation ouverte et de rapprochement des points de vue aura permis de dépasser la logique d'anathèmes qui prévalait trop souvent lorsqu'il était question d'environnement, et de parvenir à une solution de compromis.
La mobilisation de tous est en effet nécessaire pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés : changement climatique, dégradation de la biodiversité et de la qualité des eaux, épuisement des énergies fossiles, de l’eau potable, des terres fertiles, ...
Pour y faire face, sera mise en place une stratégie nationale, couvrant tout le champ du développement durable. Elle se décline autour de la lutte contre le changement climatique dans le bâtiment, les transports, l’énergie ; de la préservation de la biodiversité et des milieux naturels avec des dispositions consacrées à la qualité de l’eau, à l’agriculture, à la forêt, à la mer et au littoral ; de la prévention des risques pour l’environnement et la santé ; de la mise en place d’une nouvelle gouvernance écologique.
Elle mobilise une large gamme de mesures : réduction de la consommation d’énergie des bâtiments, développement des modes de transport alternatifs à la route, part accrue des énergies renouvelables, réduction de la production de déchets, meilleure information des consommateurs et « verdissement » de la fiscalité pour promouvoir une consommation durable, ...
Contrairement aux craintes de ceux qui, quel que soit leur camp, estimaient que développement durable et développement économique s'excluaient mutuellement, les différentes mesures contenues dans ce projet de loi sont porteuses de croissance.
La réalisation des investissements correspondant à ces objectifs pourra susciter une importante activité, susceptible de générer la création de plusieurs centaines de milliers d’emplois dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et faiblement affectés par les délocalisations : dans dix ans, le secteur des énergies renouvelables représentera près de 16 % de l'emploi national.
Ces investissements permettront aussi aux entreprises concernées de se positionner sur des segments de marché à forte valeur ajoutée. Là se trouvent les relais de croissance de demain, puisque, à l'avenir, les produits les plus compétitifs ou les plus demandés par les consommateurs, en France comme sur les marchés extérieurs, seront les produits les plus sobres en carbone et en énergie.