Interview
Je vous signale la parution cette semaine d'une interview que j'ai accordée au journal "Echo d'Ile de France". Retrouvez le texte intégral ci-dessous:
L’Echo : Les lois Sarkozy ont-elles été réglé le problème de la prostitution dans le bois de Vincennes ?
P.B. : Ces lois ont participé à l’amélioration de la situation puisque nous avons pu lutter contre les réseaux de proxénètes. Nous avons ainsi pu ainsi arrêter 33 proxénètes uniquement sur le bois de Vincennes. Et puis, avec les liens inter-gouvernementaux que Nicolas Sarkozy avait engagés, en particulier avec les pays de l’Est, nous avons pu rapatrier un certain nombre de femmes dans de bonnes conditions. Sur le bois, la prostitution a considérablement diminué. Nous avons réussi à mettre un coup d’arrêt à ces réseaux de traite et d’esclavage qui comptaient près de 250 camionnettes où les prostituées étaient amenées en bus et faisaient les 3X8. C’est une saine action.
L’Echo : Quels sont les souhaits de Saint-Mandé et de l’ACTEP dans le cadre du SDRIF ?
P.B. : Saint-Mandé souhaite, en priorité, pour le rééquilibrage vers l’Est parisien, le développement des transports en commun et le renforcement de l’action en faveur de la protection de l’environnement. Nous soutenons un véritable maillage qui permette le transport de banlieue en banlieue, expression qui a été utilisée pour le tramway parisien. Or, pour ce dernier, il s’agit d’une véritable escroquerie morale puisque les franciliens doivent d’abord venir à Paris pour se rendre en banlieue ! En réalité, le T3 est un projet essentiellement parisien.
Actuellement, plusieurs projets voient le jour à travers le SDRIF et le contrat Etat-Région. Je pense, par exemple, à la prolongation des lignes 1, 9 et 11, au T1, à la gare inter-modale de Fontenay-sous-Bois. Pour le TVM, il faut absolument que nous trouvions une solution à Saint-Maur. Et puis, il y a ce projet fédérateur d’Orbival, ligne de metro en rocade qui permettra de relier Cachan à Fontenay-sous-Bois, à 5 Km du périphérique, en liaison avec les lignes existantes de bus, metro et RER. Le 29 septembre prochain, lors de la réunion de l’ACTEP, je proposerai à mes collègues, en tant qu’élu référent « Transports », de soutenir ce projet du Département du Val de Marne.
L’Echo : Etes-vous satisfait du Contrat proposé par le gouvernement ?
P.B. : Oui, car il faut être raisonnable. Nous avons vu qu’avec les anciens contrats de plan beaucoup de projets inscrits n’étaient jamais prêts alors que de l’argent avait été bloqué. Là, il y a peut-être moins d’argent, mais nous ne prendrons que les projets déjà ficelés techniquement. Donc, nous avancerons enfin et ce ne sera pas de la parlote.
L’Echo : Le fonctionnement de l’ACTEP est-il satisfaisant ?
P.B. : Oui, c’est un laboratoire d’idées, un aiguillon des institutions compétentes. Sa force réside dans le consensus car nous oublions nos divergences politiques pour trouver le bien commun. A partir de là, nous apportons aux institutions compétentes, les décisions politiques.
L’Echo : Comment faudrait-il faire évoluer les lois sur l’inter-communalité ?
P.B. : Il faudrait revoir les domaines de compétences des syndicats inter-communaux, veiller à éviter les doublons de personnel et à ce que les projets communautaires soient mieux définis. Il faut également trouver une meilleure transparence financière, s’assurer que la fiscalité locale (but de l’intercommunalité !) diminue et permettre aux communes qui le souhaitent de pouvoir sortir de l’inter-communalité.
L’Echo : Une inter-communalité regroupant les villes autour du bois de Vincennes est-elle souhaitable ?
P.B. : Il existe déjà le Comité intercommunal de défense du Bois de Vincennes. C’est un excellent cadre pour évoquer les problèmes du bois, en particulier la mise en route de la charte du bois qui a été signée il y a plusieurs années. Nous sommes également en train d’ouvrir une discussion avec les forains de la Foire du Trône pour voir comment la pérenniser et la sécuriser sur un endroit autre que la pelouse de Reuilly, qui n’est pas tout du adaptée à la tenue de cette manifestation.
L’Echo : Vous étiez membre de la Mission d'information parlementaire sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics. A quand la loi ?
P.B. : Loi ou décret, ce n’est pas encore tranché. En 1 991, au moment de la loi Evin, les ravages du tabagisme passif étaient mal connus. Aujourd’hui, conscience a été prise que cela représente 5 000 morts tous les ans. Il faut donc prendre une décision. La commission va rendre son rapport fin septembre puisque la parole est, pour le moment, au Parlement. Nous allons vers une interdiction de fumer. Y aura-t-il quelques exceptions comme les discothèques ? Je n’y suis pas favorable car les jeunes sont les premières cibles. Nous cherchons aussi des produits de substitution pour que les débits de tabac s’y retrouvent.
L’Echo : Vous avez 8 % de logement sociaux. Est-il acceptable qu’un maire soit hors la loi ?
P.B. : Je n’accepte pas ce terme. Je suis contre l’anathème. Il faut revenir à la contractualisation. La loi Rocard était une bonne loi. A Saint-Mandé, nous sommes 21 000 habitants sur 68 hectares utiles. Nous avons construit là où nous pouvions. J’exige d’ailleurs que toute opération ait des logements sociaux. Je n’ai pas besoin de loi pour le faire. Personne n’a obligé les maires qui nous accusent à poursuivre l’urbanisme inadapté des années 70. Ils pensaient accueillir une population qui allait voter pour eux. Ils pouvaient, aussi, avoir une autre culture de leur ville. Eux aussi doivent se regarder dans la glace.
L’Echo : Vous êtes membre de la Commission des Affaires culturelles. De fait, la décision du Conseil constitutionnel a durci la répression contre les pirates. Faut-il changer la loi ?
P.B. : Il fallait trouver un équilibre. Le Conseil constitutionnel l’a rejeté. Il faut aider M. Donnedieu de Vabres dans sa démarche pour éviter la prison aux fraudeurs. Cela étant, il faudra revenir sur cette loi, non pas qu’elle soit mauvaise, mais l’évolution de cette technologie n’est pas finie et nous ne sommes pas au bout de nos peines. Expérimentons la loi et ayons le courage de la remettre dans un an ou deux sur le tapis.
L’Echo : L’UMP va-t-elle rejoindre la Conférence métropolitaine ?
P.B. : En soi, ce n’est pas un mauvais outil. Mais à un an des municipales, est-ce vraiment pour rendre service à la population ? Je n’en suis pas certain. Attendons que les règles du jeu soient clarifiées.