Marche pour le Darfour

Publié le par Patrick Beaudouin


 J’ai participé, samedi dernier, à la marche organisée par le Collectif Urgence Darfour, à travers Fontenay-sous-Bois, Vincennes et Saint-Mandé.

Cette initiative, que j’ai soutenue dès le départ, symbolisait notre colère et notre impatience devant le massacre permanent de populations du Darfour, de femmes, d’enfants, de vieillards, pris en otage par des mouvements qui se disent politiques, qui se disent responsables, mais qui ont comme caractéristiques premières de ne pas respecter la vie, la condition humaine, ni même la parole donnée ; 330 000 morts, près de 2 000 000 de déplacés en proie à toutes les souffrances comme les plus de 200 000 réfugiés, voici le triste et choquant bilan et l’objet de notre mobilisation.

Quelques lueurs d’espoir sont récemment apparues dans le processus de recherche d’un règlement politique, à savoir la multiplication d’initiatives régionales, l’entrée en scène du gouvernement semi-autonome du Sud-Soudan qui se propose de réunir les rebelles non signataires de l’accord de paix, l’attitude de l’Arabie Saoudite qui va -peut-être- limiter les financements des rebelles, la création par la Chine -important interlocuteur- d’un poste de représentant permanent spécial pour l’Afrique, dont la tâche immédiate sera de se consacrer au conflit du Darfour.

A nous, occidentaux, d’appuyer plus fortement ces demandes en engageant, en particulier, le poids de l’Europe, comme nous avons sur le faire au Kosovo en nous basant sur des décisions prises à la majorité, non à l’unanimité.

Notre nouveau Président de la République, Nicolas SARKOZY, s’est engagé à donner l’exemple en prenant des sanctions unilatérales contre le régime de Khartoum. Il a, récemment, déclaré :

« Le dégoût et la nausée. Voilà ce qu’inspire cette barbarie du quotidien, ce déchaînement de violence, cet « enfer sur terre » comme disait Kofi Annan. Il est donc indispensable, aujourd’hui, de se montrer plus ferme avec le régime de Khartoum, car pendant qu’il tergiverse sur le déploiement d’une force internationale, les atrocités se poursuivent et tous les jours plus d’hommes et de femmes en sont les victimes.

Il faut également persuader nos partenaires du Conseil de sécurité de prendre des sanctions contre le régime de Khartoum si celui-ci persiste dans son refus de coopérer avec la communauté internationale.

Dès lors, la question que nous devons nous poser est la suivante : si les Nations Unies doivent demeurer le passage obligé de toute intervention en matière de sécurité internationale, que faire lorsque le refus de quelques puissances empêchent l’organisation d’assumer son rôle et de défendre ses principes fondamentaux. La question s’était déjà posée concernant l’ex-Yougoslavie, et la nécessité d’agir l’avait alors emporté. Car les blocages des Nations Unies ne doivent pas nous obliger accepter l’inacceptable, à nous transformer en témoins impuissants de l’horreur. Ils ne doivent pas non plus devenir l’excuse derrière laquelle nous abritons notre manque de courage. Cessons de nous mentir : aucune finesse juridique ne nous exonérera aux yeux de l’histoire d’avoir laissé commettre le premier crime contre l’humanité du XXIème siècle ».

Je lui ai fait part, hier, lors du Conseil national de l’UMP, de la mobilisation et des vœux des marcheurs de Fontenay-sous-Bois, Vincennes et Saint-Mandé de voir cette volonté d’accroître la diplomatie française dans une nouvelle démarche, plus réaliste, plus pragmatique et, pour le Darfour, d’engager sur le champ ces différentes propositions que je rappelle : ouverture d’une conférence internationale, sanctions immédiates, faciliter la mise en place de la résolution de l’O.N.U. sur l’envoi de Casques Bleus et faciliter la création d’un couloir humanitaire international…

Merci à tous ceux qui se sont engagés généreusement pour l’organisation de cette marche pour le Darfour, en particulier Madame Huguette CHOMSKI MAGNIS, Vice-Présidente du Collectif Urgence Darfour, l’association R.I.P. (Résister, Insister, Persister) et l’Association de la Communauté Four en France, qui l’entourent, et Madame DIAGNE CHANEL, Vice-Présidente du Collectif Urgence Darfour, qui nous a rejoints.

Grâce à eux, et comme l’a dit notre animateur de la marche, après le travail sur l’abolition de l’esclavage, après les commémorations sur la Shoah:
 PLUS JAMAIS ÇA !

http://www.urgencedarfour.info 

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